Bernard CARBONNEL interrogé par Stéphane MARTIAL

Bernard

CROQUETONS DU COTENTIN

 

 

Vous venez de faire paraître un ouvrage rassemblant vingt peintures ayant pour thème le Cotentin. S'agit-il d'un premier ouvrage sur le sujet et quels sont vos antécédents ?

Après « Promenade dans le Val d'Oise » et bien d'autres, « Croquetons du Cotentin » est mon huitième ouvrage. Cependant mon activité de peintre remonte à plus de quarante ans. J'ai également travaillé pour Presse locale à la réalisation d'un calendrier ayant pour thème les églises du Cotentin ainsi que pour des illustrations pour divers journaux qui portaient essentiellement sur des paysages.

Vous peignez dans cet ouvrage, des paysages de la campagne et du littoral. Quelle valeur accordez-vous au sujet et que tentez-vous d'exprimer à travers lui ?

Chaque peinture est pour moi avant le tout le témoignage d'une émotion. Loin des clichés touristiques de cartes postales, j'aime peindre des paysages familiers et pouvoir mettre en valeur la banalité du quotidien . Mes obsessions varient suivant le temps mais décrivent toutes des sujets ordinaires, paisibles et dépouillés.

Quelle importance accordez-vous à la technique utilisée ? Et dans « CROQUETONS DU COTENTIN » s'agit-il toujours de la même ?

La technique picturale est en lien étroit avec la nature du support, son format et l'effet attendu par le peintre et donc du sujet. Les croquetons (terme ulitilisé par Seurat pour désigner ses études) sont des peintures réalisées dans un format que j'affectionne tout particulièrement (22x16). Ils utilisent des pigments à l'huile sur carton marouflé ainsi que la tempera (peinture à l’œuf) sur papier. Cette dernière technique est intéressante car il s'agit d'une émulsion qui sèche par évaporation et qui donc se stabilise assez rapidement sans altération notable.

Comment définiriez-vous ce qu'on appelle « L'OEIL DU PEINTRE » ?

À mon sens c'est une vision affinée qui se traduit par une symbiose entre l'oeil, le cœur, la main et son sujet. Cela pourrait se traduire en ce qui me concerne par avoir su conserver cette même relation au réel, cette même cohérence.

Quelle part accordez-vous à l'intervention du hasard en peinture ?

Si le hasard n'a toujours fait que conforter le sens d'appréhension du réel que j'avais déjà, il m'a aussi permis de découvrir de grands peintres aux murs des musées tels les peintres flamands du XVIIème siècle, les peintres belges du XIXème et XXème siècle, les américains Hopper et Wyeth, Bissière et bien d'autres.

Pensez-vous qu'une toile possède sa propre musique ? Et quelle est celle que vous associeriez à « CROQUETONS DU COTENTIN » ?

J'y verrais bien associées la musique de Ravel ou les gymnopédies de Satie ou pourquoi pas des chants du moyen-âge...Même si lorsque je peins, c'est plutôt le bruit du vent ou la mélodie de « la mer » de Charles Trenet qui m'accompagne.

Quelles images de vous, aimeriez-vous laisser à vos enfants ?

L'image que je voudrai leur laisser est celle de ma vie au cours de laquelle une passion précoce, celle de la peinture a parcouru toute mon existence.Donc garder ses rêves de jeunesse et aller au bout de ses passions.

 Stéphane Martial

Février 2014

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